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YOSH |
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Big
Trouble
Le dub est un chaudron. Un gros chaudron bouillonnant de mille ingrédients mêlés en un grand tout bondissant et électrisant. La recette change parfois diamétralement d’un artiste à l’autre, et c’est précisément ce qui fait le prix d’une scène musicale aussi dynamique qu’inventive. Prenez Yosh par exemple – et ça tombe bien car c’est le sujet de la chronique que je devais écrire pour la semaine dernière dernier délai : après plus de deux ans de travail acharné, ces deux jeunes gens sortent en septembre un album d’électro-dub tendance breakbeats lourde extraordinairement excitant et varié, ce qui prouve qu’il y a encore des choses à dire en la matière. Le tour de force de Big Trouble est de parvenir à renouveler un matériaux presque intégralement numérique et électronique tout au long d’un album à la fois cohérent et multi-facettes. Aucun morceau ne sonne comme le précédent ou le suivant, et si les fondamentaux restent les mêmes (une science sûre des breakbeats alliée à une utilisation précieuse d’éléments sonores, samples, synthétiseurs et beatboxes), la précision des compositions et la pertinence des interventions et autres bidouillages font de chaque titre une réelle (bonne) surprise pour l’auditeur. Pas bien difficile de prouver par l’exemple la richesse d’inspiration de ce jeune duo : ici un zeste de hip-hop festif et engagé (“Resolution 14.41”), là quelques lignes d’arabe sur fond de cocottes de guitare et de solos de oud (l’excellent “Salaam”), là encore un déchaînement drum’n’bass qui est parvenu à exciter mes vieux os jusqu’aux tréfonds de ce qui leur reste de moelle (“Brick War”), et même un récitatif francophone gainsbourien étonnamment convaincant (“Enfant de putain” – et pour réussir à me faire passer en travers de la gorge un morceau comme ça, il faut s’être levé tôt…). Difficile de trouver des baisses de régimes (quelques parties un peu moins bien réussies que la moyenne ici et là, mais jamais un morceau vraiment raté dans son ensemble – saluons l’exploit pour un premier album) et difficile de trouver à redire à la production, certes très “électro” mais toujours chaude et dynamique. Ajoutons enfin que sur scène, le duo s’accompagne d’une projection vidéo qui semble très convaincante pour le peu que le rédacteur de cette chronique en connaisse (un extrait vidéo disponible sur le site du groupe : http://www.yosh-dub.com. Et faisons simple pour conclure : en matière de rencontre entre le dub et les musiques électroniques, Yosh est ce que j’ai entendu de plus excitant depuis pas mal de temps, et je suis prêt à parier que la science de la construction dub de ce groupe nous réserve encore bien des excitations du bulbe rachidien et du diaphragme. Ou d’autre chose, d’ailleurs, mais ça fait longtemps que je n’ai pas ouvert un livre d’anatomie, alors j’à-peu-prèstise pas mal ces temps-ci. Et au lien de raconter des conneries, je ferais mieux d’aller danser tout seul dans mon salon en écouter le premier album de Yosh. Ou non, tiens : je ferais mieux d’aller danser dans la fosse du prochain concert de Yosh. Parole. Mémène Soulesol, aka RemainUnderground L'album Big
Trouble est notamment en vente sur les sites: |