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DUB SYNDICATE |
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No Bed of Roses
Plus d'un mois que le nouveau Dub Syndicate est sorti et largement disponible, et pas une ligne à son sujet sur Dubzone, hormis par le truchement de sa présence obstinée dans nos playlists: c'est proprement scandaleux. Et c'est ma très grande faute. Drame du vélléitarisme, et je néologise si je veux. A ma décharge, j'étais un peu persuadé que n'importe quel dubster se précipiterait compulsivement sur cet album sans attendre mon avis, et, surtout, que le reste du monde en chanterait si fort les louanges que mon grêle filet de voix embarrassé d'inflexions guère pubères n'aurait fait qu'apporter dissonance à cette harmonie enthousiaste. Comme je me trompais, sur ce dernier point au moins. Après être tombé par mégarde sur un avis à la limite du malpoli à propos de cet album, j'ai entrepris une petite revue de presse, et il m'a fallu me rendre à l'évidence: la web-presse musicale fait sa blasée. Elle chipote. Elle renâcle. Elle préférait avant. Bref, la web-presse musicale n'a pas aimé - quand elle daigne simplement en parler. Ou alors, elle le fait en allemand, et je n'entends pas l'allemand. Je m'insurge, et crie à la surdité des détracteurs: ce nouveau Dub Syndicate est une fière réussite, l'un de leurs meilleurs albums, pour ne pas dire le meilleur, ce qui me serait difficile dans le mesure où je ne les connais pas tous, peu s'en faut quand même, permettez. Le son de "No beds of Roses" est toujours cet electro-roots inventif qui est leur marque de fabrique, mais l'on notera quand même que Sherwood a eu ici la main un peu plus mesurée sur les samples que par le passé. L'inspiration est clairement jamaïcaine, ce que confirment les nombreuses participations de chanteurs du cru: la plupart des titres leur font honneur, ce qui est en soi une nouveauté pour Dub Syndicate, plus coutumier des instrumentaux ponctué de samples. Cette tendance avait du reste été instaurée par "Acres of Space", le (très bon aussi, pardon) prédécesseur de "No bed of Roses", auquel avaient participé Capleton, Luciano, et Big Youth. Elle est ici nettement affirmée, 8 titres sur 10, hors versions, étant chantés et/ou toastés. Le casting est encore plus riche que sur le précédent album, et fait notamment appel à Gregory Isaacs, Cornel Campbell, Cedric Myton, ou encore à Yasus Afari, excusez du peu. Toutes ces collaborations sont de parfaites réussites, et tiennent à l'inventivité du duo Scott/Sherwoord, au talent des chanteurs, et surtout au brillant mélange des deux, qui semble parfaitement naturel alors que ce mode de composition n'est pas exactement une habitude pour Dub Syndicate. De fait, cet enrichissement mutuel n'est pas sans évoquer celui qui a abouti au monumental "Foundation Rockers" de Twilight Circus, même si "No Bed of Roses" en est aussi éloigné qu'il est possible de l'envisager de deux albums répondant aussi fidèlement aux critères du roots. Parmi les points culminants de l'album, on ne pourra pas passer à côté du titre éponyme, qui l'ouvre, et qui est porté par Cedric Myton (The Congos), pas plus qu'à "Kingston 14", à l'autre bout, mené de voix de maître par Gregory Isaacs (très curieuse voix, du reste, un peu nasillarde, mais d'un gars qui aurait le nez dans la gorge). On pourra aussi bazarder ses stocks de Prozac et leur préférer une centaine d'écoutes quotidiennes de "Jamaican Proverb" et de "Hard & Tuff", les deux titres auxquels participe le Yasus Afari, que je propulse immédiatement au rang de très saint homme. On voudra bien prêter attention à "Private I", l'un des rares instrumentaux, et au brillant traitement infligé au thème joué au saxophone. Enfin, on prendra garde de ne pas rater le titre "caché" (les 5 dernières minutes de la dernière piste), qui vaut largement le détour. Bref, on écoutera tout, et on ne pourra que se féliciter de ne pas être passé à côté de l'album.
En guise de post-scriptum, et puisque le digipak de "No Bed of Roses", s'il cite tous les participants, n'indique pas les titres auxquels chacun a participé, ce qui m'énerve au plus haut point, voilà les conclusions auxquelles j'en suis arrivé - les compléments et/ou corrections seront les bienvenus (ici):
MP. |